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Corine Lormel, Ph.D. Comme le suggère la déclinaison latine du mot rose dans le titre, ce mois de février nous vous proposons une série de billets de blog sur le thème de la rose.  

Dans ce premier billet, nous commencerons par faire un survol historique de la botanique des roses mais aussi des principales méthodes d’obtention des sous-produits de la rose que sont l’huile essentielle, l’hydrolat, l’absolue et l’extrait super critique.

Montage d’image réalisé avec des images fournies par  https://pixabay.com/fr/photos/romance-rose-aimer-rose-rouge-4520920/

Une brève histoire de roses

Les rosiers sont des plantes de la famille des Rosaceae. Le genre Rosa comporte quatre sous-genres dont le principal, Eurosa, contient à lui seul la majorité des 100 à 300 espèces existantes (en fonction des sources). 

C’est l’une des plantes les plus cultivées au monde qui s’hybride facilement même à l’état naturel. Les quelques 16 000 types de cultivars* actuellement disponibles sont le résultat de millénaires de transformations. Et, fait assez étonnant, les tests génétiques montrent que la plupart des variétés cultivées proviennent de seulement une douzaine d’espèces et leurs taxons dérivés. 

Églantier des chiens Rosa canina

Quand on parle de rose, une distinction est faite entre les variétés anciennes et les variétés modernes. À l’origine il y a les espèces botaniques ou rosiers sauvages qui comprennent entre autres les églantiers sauvages dont Rosa canina. Ce sont les espèces les plus rustiques qui pour la majeure partie sont très odorantes, développent une floraison abondante mais de courte durée et sont non remontantes (fleurissent une seule fois dans l’année). La rose de Chine Rosa chinensis est une exception avec une longue période de floraison.

Rosa ‘La France’

En 1867 l’apparition du premier hybride de thé (Rosa ‘La France’) ou rosier à grandes fleurs développé par Jean-baptiste Guillot va être le point de départ de l’explosion de variétés remontantes, à floraison continue, qui les rendent idéales pour la culture. C’est l’hybridation avec la Rosa chinensis qui a introduit ces caractéristiques de floraison exceptionnelles. Tous les cultivars ou hybrides créées après cette date sont considérés comme des roses modernes. Ce sont généralement des fleurs dites « doubles » ou « pleines », avec de très nombreux pétales, hybridées essentiellement pour leurs couleurs et leurs formes. En conséquence, leurs parfums sont parfois fades ou éloignés de la senteur originale de rose.

Avec une telle diversité on s’attend donc à ce que les rosiers présentent des diversités importantes dans leurs composition chimiques, que nous allons explorer plus tard dans le mois.

Extraction des composés 

L’exploitation de la rose pour ses qualités olfactives ou  médicinales remonte à de nombreux siècles. L’une des premières méthodes d’extraction des composés aromatiques est probablement l’enfleurage. Par ce procédé on sature progressivement une matière grasse avec des pétales par macérations successives à basse température ou à température ambiante. Ce procédé long et fastidieux permet de créer une huile parfumée ou un onguent délicatement parfumé à la rose. Il y a un petit marché de niche pour ce produit, mais globalement ce procédé est rare.  Nous allons vous présenter ici, les méthodes les plus usuelles que sont la distillation,  l’extraction par solvant et l’extraction par CO2 supercritique.

Huile essentielle et cohobation – Hydrodistillation

L’huile essentielle de rose est connue sous divers noms tels essence de rose, ou attar de rose. Elle est obtenue par hydrodistillation et/ou entrainement à la vapeur avec cohobation. Pour la rose, au lieu de rajouter de l’eau pour poursuivre la distillation, l’eau qui s’est évaporée en même temps que l’huile est réintroduite dans le système. Elle est alors redistillée à plusieurs reprises et c’est ce que l’on appelle la cohobation. Ce procédé permet aux molécules plutôt hydrosolubles d’être concentrées dans l’huile et de fournir une huile essentielle riche en composés oxygénés. Dans le cas de la rose, plus de 70% de l’huile obtenue provient de la cohobation. Vous trouverez plus d’informations sur la distillation et la cohobation en laboratoire dans ce billet de blogue précédent et avec l’Explorer d’Alchemia ici

Les espèces de rosiers les plus généralement utilisées pour produire des huiles essentielles sont le rosier de Damas  Rosa × damascena et le rosier cent-feuilles Rosa × centifolia car ce sont des flaveurs très demandées en parfumerie. Les autres espèces sont généralement réservées à une utilisation en aromathérapie.

Hydrolat de rose

L’hydrolat de rose encore appelé eau de rose est le condensat aqueux obtenu au cours de l’hydrodistillation des pétales de roses. Il est souvent utilisé dans le domaine des cosmétiques et de  l’agroalimentaire. En raison de son mode d’obtention, les hydrolats les plus courants proviennent des mêmes roses que les huiles essentielles. 

Absolue de rose et concrète – Extraction par solvant

L’absolue de rose de rose est obtenue est extrayant des composés aromatiques de roses à l’aide de solvants. Le solvant le plus communément utilisé est l’hexane pour lequel les composés aromatiques, la cire et les pigments de roses ont une grande affinité. La distillation puis l’évaporation sous vide permettent par la suite de produire unextrait à la consistance gélatineuse de couleur rouge orange avec une odeur typique de rose appelée appelée la concrète. Elle est principalement utilisée pour obtenir de l’absolue, et est parfois recherchée en parfumerie. Les composés aromatiques sont alors isolés des autres composants de la concrète en employant un alcool, qui est ensuite filtré et évaporé pour donner l’absolue

Extrait CO2 – Extraction par CO2 supercritique

Dans la méthode d’extraction par CO2 supercritique on fait circuler un fluide dit supercritique dans la matrice végétale. Cet état du CO2, obtenu quand il est soumis à des conditions de température et de surpression spécifiques, lui confère à la fois les propriétés d’un gaz et d’un liquide. Il peut ainsi comme un gaz pénétrer dans les milieux poreux et comme un liquide dissoudre les composés et les entraîner. Il suffit ensuite de faire une décompression pour vaporiser le CO2 puis récupérer l’extrait sous forme liquide ou solide. De plus, en fonction des conditions opératoires, la composition de l’extrait être modifiée. Il est possible d’isoler les molécules volatiles les plus légères ou de réaliser une extraction de tous les composés lipophiles.

Après cette brève incursion dans le monde des roses, nous vous attendons la semaine prochaine pour décomposer les différents extraits.

 

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