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Hubert Marceau – Vulgarisation

Figure 1: A. ursinum (source)

En 2004, dans le canton de Neufchâtel en Suisse, des clients d’un restaurant ayant commandé un plat de poisson avec une sauce à l’ail des ours, Allium ursinum (Figure 1), ont vécu une désagréable aventure. Peu de temps après l’ingestion du repas, ils ont commencé à subir de sévères troubles gastro-intestinaux, signe indiquant souvent un empoisonnement alimentaire. Après analyse, il s’est avéré que la sauce contenait de la colchicine, un alcaloïde toxique. Ce composé provient de la colchique, Colchicum autumnale (Figure 2), une plante très similaire à l’ail des ours et poussant souvent dans les mêmes milieux. En plus, pour être comestible, l’ail des ours doit être récolté au printemps lors de l’apparition des jeunes feuilles et avant la période de floraison. Comme nous avons pu voir dans le dernier billet sur ce sujet, l’utilisation des feuilles seules peut parfois porter à confusion dans l’identification botanique. Dans ce cas précis, pour éviter la confusion entre l’ail et la colchique, et plus rarement le muguet, Convallaria majalis (retrouvé sur la Figure 3), on suggère d’utiliser le sens de l’odorat. L’ail sent l’ail, les autres ne sentent rien. Malheureusement, l’odeur a tendance à rester sur les doigts et interférer avec ce caractère, surtout lorsque l’on en ramasse beaucoup. Cela rend la confusion beaucoup plus facile. Ce genre de situation n’est pas nécessairement commune, mais peut parfois être fatale.

Figure 2: C. automnale (source)

Figure 2: C. automnale (source)

Figure 3: Comparaison des feuilles (source)

Figure 3: Comparaison des feuilles (source)

Cette situation représente bien le genre de danger que peut représenter une mauvaise identification. Comme je l’ai déjà démontré, plusieurs plante se ressemblent et peuvent porter à confusion. En Amérique du nord, nous retrouvons aussi un ail sauvage, l’ail des bois, Allium tricoccum (Figure 4), qui peut aussi être confondue avec d’autres plantes sous sa forme juvénile: Clintonia borealis (comestible, jeunes feuilles seulement), Convallaria majalis (toxique), Cypripedium acaule (douteux du point de vue alimentaire) et plusieurs autres.

Figure 4: A. tricoccum (source)

Figure 4: A. tricoccum (source)

Un autre cas intéressant, quoique peu commun, est celui de la grande berce, Heracleum maximum (Figure 5). Les Première Nations d’Amérique consommaient les tiges de cette plante comme un légume, et encore aujourd’hui, elle est considérée comme comestible, mais sa consommation reste marginale. Ce cas est intéressant en raison de la très grande ressemblance qu’a la grande berce avec sa proche cousine, la berce du Caucase, Heracleum mantegazzianum (Figure 6).

Figure 5: H. maximum (source)

Figure 5: H. maximum (source)

Celle-ci a la fâcheuse propriété de provoquer des brûlures très graves sur la peau au contact de n’importe quelle partie de la plante. Si vous entrez en contact avec la plante, évitez d’exposer la zone affectée au soleil ou à toute lumière forte pendant au moins 1 à 2 mois. Par expérience, même avec cette précaution, il est possible que la peau touchée brunisse un peu, mais au moins, elle en fera pas de cloque. Il est à noter que la grande berce peut aussi avoir cet effet chez certaines personnes sensibles, mais qu’elle est généralement considérée comme sécuritaire si elle est pelée. Une erreur d’identification peut donc entraîner de sérieux désagréments. Les personnes sensibles auront les mêmes problèmes après avoir eu un contact avec les limes ou d’autres plantes: il s’agit dans ce cas de phytophotodermatites.

Figure 6: H. mantegazzianum (source)

Figure 6: H. mantegazzianum (source)

Pour terminer, voici un dernier cas très particulier. Dans la tradition du dernier billet, je vous invite à regarder les deux images suivantes et d’identifier ce qui différencie les deux plantes.

Figure 7: Plante A

Figure 7: Plante A

Figure 8: Plante B

Figure 8: Plante B

Il s’agit de deux variétés de la même plante, Acorus calamus (A, source) et Acorus calamus var. americanus (B, source). Ce qui différencie ces deux plantes est leur nombre de chromosomes, ainsi que leur concentraion en β-asarone, un composé réputé cancérigène. La forme américaine est diploïde (2n) et ne contient pas ou très peu de β-asarone, tandis que la version européenne et asiatique est tri- ou tétraploïde (3n et 4n) et contient une forte concentration de ce composé. 

Il y a encore énormément de plantes pouvant porter à confusion, que nous verrons dans de futurs billets sur notre blogue. Dans le prochain billet, nous explorerons davantage la toxicité des plantes comestibles (!).

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